Twint -Le Smartphone pour payer… à double !

La mode est au “tout avec votre smartphone”.

Les paiements de vos achats quotidiens n’échapent pas à cette déferlante du “tout smartphone”. Et pour parvenir à leurs fins, les banques, de concert, clament haut et fort la très grande sécurité de leurs applications (total respect de la loi suisse sur la protection des données personnelles). Vous pensez donc ! Si les banques garantissent la sécurité et le respect de nos lois en la matière, que peut-on risquer ?

Et bien, ça se gâte lorsqu’on prend la peine de lire (jusqu’au bout!) les conditions d’utilisation de ce service, concentré sur une application et une société commune (Twint) pour pratiquement toutes les banques. On apprend par exemple l’usage d’algorithmes de Google présents sur cette application, codes dédiés à l’analyse des habitudes des utilisateurs (entre autres). Par conséquent des informations considérées comme “personnelles” par les nouvelles lois Européennes, prévues pour mai 2018,  sont “données” sans autre à des tiers pour un usage lucratif.

Mais ce n’est pas tout !

On peut encore lire ceci dans les conditions d’utilisation de Twint (extraits de Twint et de différentes banques utilisant Twint) :

Le client est conscient que Google transmettra éventuellement ces informations à des tiers…”

En téléchargeant l’app … TWINT, le client accepte expressément que les données transmises à des tiers puissent être collectées, transmises, traitées et rendues accessibles selon les conditions de celle-ci…”

“…par son inscription, l’utilisateur autorise la banque, dans le cadre des transactions de paiement TWINT, à communiquer à l’exploitant du système de paiement (ou à d’autres tiers ayant leur siège en Suisse et assurant l’exploitation du système de paiement) des données le concernant, en premier lieu ses nom et prénom, son numéro de téléphone mobile et de terminal, son adresse et sa date de naissance … et d’autres données de transaction conformément à l’ordre de paiement (p. ex. le montant, les indications relatives au destinataire, d’éventuelles indications sur la source de débit et le compte à créditer, l’objet du paiement, des images, le cas échéant des données sur le lieu, etc…)…”

…”L’utilisateur autorise la banque et les sociétés du Groupe à enregistrer, traiter et utiliser l’ensemble des données en relation avec l’utilisation de TWINT (p. ex. les données relatives à l’inscription, aux transactions, aux lieux, aux terminaux ou aux photos) ainsi que les données de sources tierces, et d’établir sur cette base des profils”

Ou encore :

“…l’utilisateur autorise la banque et d’autres tierces parties prenantes (p.ex. l’exploitant du système de paiement et les commerçants), à traiter l’ensemble des données en rapport avec les services à valeur ajoutée…”

“…ces tierces parties peuvent utiliser ces données en combinaison avec d’autres données du client telles que les données d’inscription et de transaction à des fins de marketing”

Par l’opt-in, le client accepte aussi expressément que TWINT SA puisse collecter et analyser les données pour la diffusion personnalisée de campagnes de tiers.”

Des banques pas si claires que ça

Mis à par l’UBS et la banque Raiffeisen qui mettent de manière assez accessible les informations sur les conditions d’utilisation de Twint, les autres partenaires bancaires restent opaques sur leurs sites internet et laissent ainsi croire à l’utilisateur que ce dernier ne risque rien et que ses données personnelles restent strictement dans le cadre des relations bancaires.

Ces établissements se trouvent donc en contradiction avec la Lois sur la Protection des Données personnelles!

Twint = facture doublée !

La banque, dans les transactions de paiement, ne fait que jouer l’intermédiaire entre moi et le créancier, entre mon porte-monnaie et celui du prestataire à qui je dois un montant. Ce service n’est bien sûre pas gratuit, et c’est tout à fait normal, et ce coût apparaît très clairement dans nos décomptes et conditions bancaires. Mais ce qui l’est moins, c’est la valeurs lucrative tirée de nos données personnelles qui sont gentiment récupérées par cette application et dont des sociétés tiers vont se servir pour leur profit. Mon paiement, que je crois totalement son mon contrôle, devient opaque et va générer bien plus que le montant réellement dû à mon créancier.

Voilà un exemple flagrant d’abus de bien privé, voir d’usure, dans un terme plus juridique. Le problème ici est de pouvoir chiffrer cet abus, ce qui est tout à fait impossible, et c’est bien là-dessus que comptent les acteurs de ce modèle indécent et trompeur.

La seule chose qui est certaine est que lorsque je paie avec ce système, je verse plus de valeurs à ma banque que le montant indiqué sur ma facture !

Paiement par smartphone, sûre ? Pour les banques, peut-être, mais certainement pas pour l’utilisateur.

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