Réseaux sociaux : 1,5 millions de victimes chaque jour

Les risques, dangers et conséquences liés à l’usage effréné des réseaux sociaux sont énormes. Une étude dont les résultats ont été commentés par une magistrate spécialiste des questions de cybercriminalité, Myriam Quéméner, montre que sur les 2 milliards d’utilisateurs, environ 1 million et demi sont chaque jour victimes d’une forme de cybercriminalité, telles que vol d’identité, virus divers, fraude à la carte de crédits en ligne, cyber-harcèlement, etc.

Cette étude date de … 2014 !

Où en sommes-nous aujourd’hui ?

Une frontière détruite entre vie privé et vie publique

Les réseaux sociaux ont largement contribué à faire exploser la frontière vitale qui sépare la vie privée de chaque personne de sa vie publique. Le “je n’ai rien à cacher” est devenu le slogan préféré des addict de ces réseaux, laissant croire que ceux qui ne se dévoilent pas auraient donc des choses non avouables à cacher…

Le monde à l’envers !

Pulvériser son intimité et sa part de “jardin secret” est fortement destructeur pour l’être humain. Nu aux yeux de tous, il n’a plus, comme choix, que de continuer à se livrer publiquement, son identité se confond alors à celle, totalement incontrôlable, qui doit plaire au groupe social. A tel point que l’absence de quelques jours d’un réseau peut se traduire par une perte de “renommée” sociale et même un lynchage publique dans certains cas. Ainsi, la personne qui s’est livrée sur ces réseaux ne pourra plus s’en sortir sans une aide externe radicale.

Le lien entre sa valeur personnelle et la reconnaissance publique est aussi fort qu’une paire de menottes.

Perte de confiance et jalousie

Une autre étude effectuée sur le sujet place le couple au centre des atteintes provoquées par ces médias.

Plus une personne passe de temps sur ce site (Facebook), plus elle devient méfiante à l’égard de son partenaire. Il semblerait que le sentiment de ne plus avoir d’exclusivité entraîne une difficulté dans le couple. Lorsque vous racontez votre intimité, votre conjoint peut se trouver exclu ou avoir l’impression que vous partagez plus de choses avec vos amis Facebook qu’avec lui. Ce site présente même plus de risque qu’un site de rencontre car il peut créer une intimité virtuelle très rapidement.”

Une addiction programmée

Un peu comme la cigarette ou d’autres drogues, les réseaux sociaux, en particulier le principal, Facebook, sont conçus pour que les utilisateurs ne puisse s’en passer. L’un des membres de direction de ce réseau a même confirmé que les applications de ce réseau étaient “destinées à reprogrammer notre cerveau“.

Le principe est simple, mais d’une efficacité diabolique : grâce à toutes les informations personnelles et intimes prise à l’utilisateurs à son insu, le système va pouvoir très facilement le placer dans une “bulle de confiance” pour renforcer son désire de consommer encore plus et encore plus de ce média.

L’utilisateur va donc, comme pour toute autre addiction, avoir le réflex de justifier sa présence sur ces réseaux plutôt que de réfléchir aux conséquences dramatiques provoquées sur sa vie, sa vie de personne, de couple ou de parents.

Etre dépendant du regard de l’autre

A quoi correspond le fait de consulter de façon obsessionnelle les réseaux sociaux, partout, quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit ?

Ce type de comportement est une forme de dépendance à l’autre” explique Michael Stora*. “Ici, l’autre est à la fois l’ami connu et l’ ‘Autre’ au sens des personnes qui suivent, likent et commentent. Cet autre est très large et la relation passionnelle qu’on peut entretenir avec lui est une forme de drogue, comme toute passion” ajoute le psychologue. Et ce rapport entre l’utilisateur et autrui naît du fait que le fonctionnement même des réseaux sociaux repose sur l’interaction entre ses différents membres. A la recherche de toujours plus d’échanges, l’internaute risque de développer des comportements compulsifs dès lors qu’il s’emprisonne dans ce qu’il publie, à l’affût des mentions “like” et des commentaires qu’il espère recevoir.

Mais quel danger courent les internautes qui consultent et publient de manière compulsive sur les réseaux sociaux ? “Le risque pour ces personnes est de ne plus avoir de retour sur investissement suffisant. S’ils publient une nouvelle photo de profil et que personne n’aime ou ne commente, ils risquent de tomber dans une dépression

*Michel Stora : cofondateur de l’Observatoire des Mondes numériques en sciences humaines (OMNSH).

Relation entre les réseaux sociaux et les dépressions

«Le taux de suicide chez les jeunes ne recule plus.» Christoph Junker, responsable de la statistique vitale au sein de l’Office fédéral de la statistique (OFS), confirme une tendance inquiétante. Selon les derniers chiffres disponibles, ce taux a même augmenté de près de 25% en Suisse !

Aux Etats-Unis, chez les jeunes filles de 13 à 18 ans, la hausse est encore plus dramatique. Elle s’élève à 65% entre 2010 et 2015.

«Dans les cas où le réseau social devient un vecteur de moqueries ou de harcèlement, cela peut effectivement contribuer à porter atteinte au bien-être des jeunes, voire entraîner une dépressivité. Il peut s’y passer un certain nombre de choses échappant à la vigilance des adultes, comme des situations de harcèlement qui débordent dans la sphère virtuelle. Or, le harcèlement et le rejet par les pairs sont des facteurs de risque connus par rapport au risque suicidaire.» (Yasmine Cebe, unité de crise des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG)).

Et lorsque les adultes sont, eux aussi, addict à ces médias, le problèmes, pour les enfants et les jeunes s’amplifie inévitablement par l’effet d’exemplarité.

Près de 1 million et demi de personnes sont victimes chaque jour des réseaux sociaux.

Pendant ce temps, le fondateur et directeur du puissant groupe Facebook, Mark Zuckerberg, publie une lettre dans les médias vantant les mérites de sa société,  “Facebook est un outil qui favorise la démocratie” …

Ce n’est pas seulement une nouvelle lois pour nous protéger de ces ogres numériques qu’il nous faut, mais bien plus d’une bonne douche froide pour nous réveiller !

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